Appel à contributions

5e Appel à contributions (Parution en décembre 2025) English Below

ISSN : 2730-4485

Appel à contribution pour un numéro Spécial

à paraître en décembre 2025

Coordination :

Madické Mbodj Ndiaye, Angélique Ngaha Bah, Mariane Seck[1], Geneviève Brémond, Benoît Tine

Thème principal : Gouvernance durable des terres agricoles en Afrique subsaharienne[2]

1. Présentation de la revue

La Revue Internationale des Sciences Économiques et Sociales (RISES) est une revue scientifique du Laboratoire de Recherches en Sciences Économiques et Sociales (LARSES) de l'Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) au Sénégal. Elle est née en 2020 et est un espace de dialogue entre plusieurs disciplines et paradigmes et publie des articles originaux. Elle est une revue qui paraît une fois par an, sous formats physique et électronique. Elle dispose d'un comité́ scientifique international. Les textes envoyés pour publication dans la revue sont soumis à une instruction en peer review.

La RISES lance un appel à contributions pour un numéro spécial dont la thématique porte sur le thème : la gouvernance durable des terres agricoles en Afrique subsaharienne, étant entendu que les articles pluridisciplinaires proposés devraient reposer sur une problématique des domaines Sciences Humaines et Sociales, des Sciences juridiques et politiques, des Sciences économiques et de gestion, etc.

2. Argumentaire

Une gouvernance au service du développement durable des terres agricoles en Afrique subsaharienne, particulièrement au Sénégal, est étroitement lié au développement agricole, à la sécurité foncière et à la souveraineté alimentaire. L'accès à la terre est une condition pour le développement de l'agriculture. Différents modes de faire valoir de la terre comme facteur de production (location, métayage ou encore emprunt avec ou sans titres) coexistent dans un contexte de développement où l'agriculture de type familiale côtoie l'agrobusiness. Ces modes procédés de mise en valeur reposent sur des stratégies et des mécanismes qui nécessitent l'implication de plusieurs parties prenantes et dont les fonctions, les apports et les enjeux sont suffisamment différents pour susciter des divergences d'intérêts et d'objectifs.

En 2020, les terres agricoles exploitées, c'est-à-dire mises en culture de manière annuelle et pérenne, représentaient en Afrique subsaharienne 240 millions d'hectares sur une surface totale de 2 456 millions d'hectares. En y substituant les eaux continentales, les zones de peuplement, les terres incultes, les forêts, les aires protégées, les aires déjà exploitées, les prairies et les pâturages, les terres inexploitées s'élevaient à 105 millions d'hectares (Jacquemot, 2020). L'augmentation des investissements agricoles, la dégradation des sols dû à l'utilisation intensive des intrants chimiques et les dérèglements climatiques et de la pluviométrie, réduisent d'autant plus la disponibilité de cette superficie et justifient, en partie, l'accroissement des tensions et des conflits liés à l'accès et à l'usage de terres agricoles au cours de ces dernières décennies.

La gouvernance foncière est une condition préalable pour concilier les priorités et les intérêts des différentes parties prenantes dans l'accès et l'utilisation des terres agricoles. Elle renvoie aussi bien à l'ensemble des dispositifs formels et arrangements coutumiers qu'aux pratiques foncières concrètes visant la transparence dans les prises de décisions, l'accessibilité dans l'information, le contrôle de légalité, la capacité de réguler la concurrence, notamment. Lorsque cette gouvernance est pensée et structurée pour servir le développement durable, elle incite à trouver des arrangements qui tiennent compte des réalités socio-économiques et culturelles locales ainsi que des besoins des générations futures. Elle encourage à considérer la terre comme un patrimoine communautaire qu'il convient de préserver tant d'un point de vue social et culturel qu'environnemental (Olstrom, 1990).

Au Sénégal, la gouvernance durable des terres agricoles concerne plus spécifiquement les terres appartenant au domaine national. La gestion de ces terres est régie par la loi 46-46 du 17 juin 1964 qui accorde au Sénégal la particularité de disposer de la plus ancienne législation du foncier en Afrique subsaharienne. Cette loi exclut toute idée de propriété tout en assurant à l'État le contrôle de plus de 95% de ces terres (Dieye, 2015). A ce titre, l'Etat a l'exclusivité du droit de requérir à l'immatriculation, prérogative, renforcée par les lois n°76-66 du 2 juillet 1976 portant code du domaine de l'Etat et n°76-67 relative à l'expropriation pour cause d'utilité publique et autres opérations d'utilité publique. Si ce cadre trouve des justifications historiques, aujourd'hui, sa mise en œuvre se heurte à plusieurs difficultés. D'abord, la gestion administrative des terres du Domaine National repose sur des décisions souvent influencées par des jeux et enjeux politiques limitant un accès équitable. L'absence de titres formels ou de droits reconnus servant de garantie aux nombreux exploitants agricoles empêche la sécurisation foncière et freine les investissements. De plus, l'inégalité d'accès des femmes et des jeunes, en raison de contraintes socioculturelles et d'une reconnaissance limitée de leurs droits, constitue une contrainte à l'exploitation optimale des terres. Par ailleurs, la faiblesse des mécanismes de sécurisation foncière, combinée à l'usage des terres par des investisseurs privés, engendre une insécurité juridique et des conflits fonciers récurrents. Enfin, l'absence d'un cadastre national exhaustif et la complexité des procédures administratives ralentissent la formalisation et la régularisation des droits coutumiers, rendant l'accès à la propriété foncière incertain et favorisant les conflits d'usage.

Les études et rapports d'organismes concernés par la problématique de la gouvernance au service du développement durable des terres agricoles se densifient, notamment autour des mesures prises par les autorités publiques pour réduire la pauvreté, renforcer la sécurité foncière, la souveraineté alimentaire et la création d'emplois. Par contre, les productions scientifiques tenant compte de la situation des terres agricoles d'Afrique subsaharienne, demeurent rares.

A travers ce numéro spécial, nous lançons un appel à contribution aux chercheurs des différents domaines des sciences sociales pour alimenter le débat et livrer ainsi un regard croisé. Nous proposons trois axes de réflexion pour structurer ce numéro et tirer des leçons des contributions qui pourront alimenter les recommandations en faveur des politiques publiques en matière de gouvernance foncière durable des terres agricoles en Afrique subsaharienne, sans être exhaustif :

  • La sécurisation foncière : pilier d'une gouvernance au service du développement durable

La terre, source de convoitise, bénéficie d'un encadrement juridique particulier. La formalisation des droits consiste à donner une forme écrite et juridique à des droits fonciers qui n'en bénéficient pas et que l'on qualifie souvent « d'informels » ou plus justement « d'extra-légaux ». Mise en avant dans les instances internationales, cette option d'accès au foncier est aujourd'hui présentée comme une évidence, un passage obligé, parfois une panacée pour accroître l'investissement, promouvoir le développement économique des territoires, sécuriser les populations pauvres, assurer leur intégration, prévenir les conflits et garantir la paix sociale. Si on n'y prend garde, un processus de formalisation conduit par des groupes d'intérêt ou par trop simplificateur, peut fixer des inégalités voire les générer et les aggraver. Or la réduction des inégalités doit être au cœur de toute politique de développement durable. Le foncier est désormais au cœur de l'agenda du développement. Les acquisitions de terres à grande échelle par des investisseurs étrangers, la forte croissance démographique y compris dans les zones rurales, l'urbanisation rapide du continent et les enjeux associés de développement rural, d'aménagement urbain et d'emplois, en particulier dans le secteur agricole, conduisent à une accélération de l'histoire foncière. Le Sénégal s'engage dans les réformes foncières permettant de formaliser et de sécuriser les droits d'accès à la terre ainsi que les droits d'usage et d'exploitation des producteurs, en adaptant leurs politiques. La gouvernance des terres passe donc par une sécurité foncière : comment influe-t-elle les pratiques agricoles dans la mesure où les agriculteurs sont disposés à investir dans l'amélioration de la production et de la gestion des terres ? Comment façonne-t-elle les relations sociales et contribue-t-elle à la stabilité de la société ou plutôt, comment son absence contribue-t-elle à l'instabilité et aux conflits sociaux ?

  • Modes d'accès, performances agricoles et transformation structurelle

De nombreux États africains se sont lancés dans des réformes foncières visant une sécurisation des modes de possession et une stabilité des droits fonciers. Mais, malgré ces mesures, des conflits persistent dans l'accès et l'utilisation des terres agricoles surtout dans le contexte actuel de changement climatique. La littérature existante met notamment l'accent sur la relation entre la sécurité foncière, l'investissement agricole et les pratiques d'adaptation au changement climatique. Selon Bambio et Agha (2018), les droits de propriété foncière sont des facteurs déterminants pour la réduction de la pauvreté par la productivité agricole, la gestion des ressources naturelles et la réduction des inégalités socio-économiques. L'étude de Besley (1995) a trouvé des résultats mitigés entre la sécurité foncière, l'investissement et la productivité agricole au Ghana et en Angola. Ce résultat a été contredit par Abdulai et al. (2011) qui concluent un effet positif de la sécurité foncière sur la productivité agricole. D'autres travaux comme ceux de Suchá et al (2020) en Afrique du Sud ont conforté les travaux d'Abdulai et al (2011). La sécurisation foncière a un effet positif sur les pratiques de conservation des sols au Rwanda (ali et al, 2014), au Ghana (Abdulai et al., 2011), en Ethiopie (Deininger et al., 2011). Si cette littérature apporte un éclairage essentiel pour le développement de l'agriculture en Afrique, elle inhibe certaines réalités sociales complexifiant les relations établies. Par exemple, au Sénégal, l'essentiel des terres agricoles relève du domaine national où les transactions marchandes sont "prohibées". Sur le terrain, divers modes d'accès et d'usage de la terre sont possibles allant du mode de faire valoir direct (avec ou sans titres) à celui indirect (location de terre, métayage ou emprunt). Il y a donc un décalage entre les positions de principe et la réalité du terrain que très peu d'études socio-économiques analyse. Quels sont les impacts de cette situation sur le niveau et la qualité des investissements ? sur les pratiques agricoles, leur productivité et in fine leur performance ?

  • Modèles de gouvernance responsable de terres agricoles, dynamiques et implications

Les agricultures de types familial et agrobusiness sont deux modèles d'exploitation agricoles que l'on oppose régulièrement par rapport à leurs capacités respectives à assurer la sécurité alimentaire des populations africaines (Braudeau, 2014). Les enjeux et intérêts poursuivis par ces deux modèles semblent difficilement conciliables et rendent complexe la mise en place d'une gouvernance foncière durable des terres agricoles. Au moins deux arguments viennent soutenir cette thèse : l'installation d'agrobusiness à tendance à créer une concurrence foncière déloyale à l'agriculture familiale dans l'accès à la terre, du Domaine National. Puis, sa présence suscite des externalités négatives liées à l'usage intensif de pesticides ou encore à une surexploitation des nappes phréatiques qui ont pour effet de complexifier la gestion et la pérennité de l'agriculture familiale. En l'absence de dialogue, il n'est pas rare d'assister à des tensions et des situations de conflits dans ces zones aux conséquences sociales et économiques lourdes (Collin J.P, 2017). Pourtant, le maintien voire le développement de ces deux systèmes agricoles s'avèrent essentiels pour préserver les équilibres socio-économiques en Afrique et assurer la sécurité alimentaire mondiale (FAO, 2016 ; 2021). Certaines organisations paysannes comme agrobusiness socialement responsables en sont conscientes et travaillent à rendre possible la cohabitation en ces deux modèles d'exploitations par le développement de mécanismes de gouvernance inclusifs (Ndiaye, 2022 ; Lavigne, 2020). Dans et à quelles conditions émergent des modèles de gouvernance responsable de terres agricoles ? A partir de quels arrangements ? quels mécanismes et pratiques concrètes en découlent ? quels effets génèrent-ils ?

3. Bibliographie

Abdulai, A., Owusu, V., And Goetz, R., 2011, "Land tenure differences and investment in land improvement measures: Theoretical and empirical analyses. Journal of Development Economics", 96 (1), 66-78.

Ali, A. D., Dercon, S., And Gautam, M., 2011, "Property rights in a very poor country: tenure insecurity and investment in Ethiopia". Agricultural Economics, 42 (1), 75 86.

ALI D., DEININGER, K., HILHORST, T., KAKUNGU, F., & Yi, Y., 2020, "Making secure land tenure count for global development goals and national policy: Evidence from Zambia", dans Policy Research Working Paper 8912. The World Bank.

BESLEY, T.,1995, "Property rights and investment incentives: Theory and evidence from Ghana", dans Journal of Political Economy, 103(5), 903–937.

BRONDEAU, F., 2014, « Comment sécuriser l'accès au foncier pour assurer la sécurité alimentaire des populations africaines : éléments de réflexion » dans VertigO, 14(1).

CARRIERE. S. ,2003, « les orphelins de la forêt : pratiques paysannes et écologie forestière », paris, Edition IRD, 2003

COLIN, J.-P., 2021, "La marchandisation de l'accès à la terre dans des contextes ruraux ouest-africains", Le Mouvement Social, vol 2021/4 n° 277, p. 117-132.

CRAFS, 2022, « Pour une gouvernance foncière apaisée et profitable à tous et à toutes, le CRAFS favorable à une réforme de la loi sur le domaine national tout en maintenant son esprit. Communiqué du 20 janvier 2022 », rapport de recherche, Dakar, CNCR, 3 p.

NDIAYE, S., 2022, "Traces et empreintes des projets fonciers dans la commune de Gandon (Sénégal). Récits et matérialités du passé du développement", Anthropologie & développement n° 53, p. 39-52.

NDIAYE I.C., 2024, « La sécurisation foncière au Sénégal, Un enjeu de pluralisme juridique et de déconstruction méthodologique », Harmattan.

LAVIGNE DEVILLE P., 2009, « Quelles politiques foncières pour l'Afrique ? Réconcilier pratiques, légitime et légalité », Paris, Karthala

LAVIGNE DEVILLE P. et al (2020), « Influencer collectivement les orientations d'une réforme foncière : enseignements d'une mobilisation des organisations de la société civile au Sénégal : rapport de recherche », Londres : IIED, 2020, 49 p. (Droits, Investissements et Droits Fonciers). ISBN 9781784318772

SENE B., 2023, « Recueil de textes fonciers et domaniaux », 1ere Edition CREDILA.

NORMES :

Loi n°64-46 du 17 juin 1964 relative au domaine national (JO du juillet 1964 p.505 et s.)

Loi n°76-66 du 2 juillet 1976 portant code du domaine de l'Etat (JO du 28 juillet 1976, pp.1110 à 1117) modifiée par la loi n°85-15 du 25 février 1985 (JO du 09 mars 1985, p.139)

Loi n°2011-07 du 30 mars 2011 portant régime de la propriété foncière (JO du 13 août 2011, pp. 1047 à 1059) ;

Loi n°87-11 du 24 février 1987 autorisant la vente de terrains domaniaux destinés à l'habitat situés en zones urbaines (JO n°5163 du 09 mars 1987, pp.324 à 325) ;

Loi n°76-67 du 02 juillet 1976 relative à l'expropriation pour cause d'utilité publique et aux opérations d'utilité publique (J.O n°4506 du 28 juillet 1976), modifiée par la loi n°85-02 du 03 janvier 1985 remplaçant le premier alinéa de l'article 31 de la loi n°76-67 du 02 juillet 1976 et la loi n°2005-20 du 05 août 2005 abrogeant et remplaçant l'article 4 de la loi n°76-67 du 02 juillet 1976 (J.O n°5053 du 25 décembre 1985 et J.O n°6242 du 17 septembre 2005) ;

Loi n°2011-06 du 30 mars 2011 portant transformation des permis d'habiter et titres similaires en titres fonciers

Décret n°83-423 du 21 avril 1983 relatif aux activités de transactions et de gestion immobilières, dans son rapport de présentation

4. Modalités de soumission et Calendrier

Tous les chercheurs intéressés sont invités à soumettre un article complet en Français ou en anglais ne dépassant pas 7500 mots, un titre en français et en anglais, avec un résumé́ de 250 mots en français et en anglais, 5 mots clés en français et en anglais, présentation de l'auteur (noms, institution de rattachement, adresse email) et bibliographie comprise. Il doit être écrit en Times New Roman, 12 points et interligne1,5.

Des propositions d'articles avancées peuvent être soumis au comité éditorial de la revue au plus tard le 04 mai 2025. Les propositions seront discutées lors d'un atelier d'écriture en bimodal à l'Université Alioune Diop dans le cadre de la 2ième édition de la journée de recherche du LIRSS en vue de faciliter leur acceptation à la suite de l'évaluation en peer review.La structuration de la proposition d'articles avancées sera la même que celle de la proposition de l'article complet.

Les propositions d'articles complets pour instruction et éventuelle publication sont attendues au plus tard le 15 juillet 2025, délai de rigueur. La parution du numéro est prévue en décembre 2025.

Adresse électronique de soumission : rises@univ-zig.sn ET b.tine@univ-zig.sn ET angeliquengaha.bah@uabd.edu.sn

Si l'article est accepté́ après instruction en double-aveugle, il est possible qu'une somme de 50.000 Fcfa soit demandée au contributeur pour les frais d'insertion et de publication.

5. Consigne aux auteurs (NORCAMES)

Les manuscrits, pour être recevables, doivent respecter les normes typographiques, scientifiques et de référencement (NORCAMES/LSH) adoptées par le CTS/LSH, le 17 juillet 2016 à Bamako, lors de la 38è session des CCI (cf. point 3 en cliquant ici : https://revue-internationale-des-sciences-economiques-et-sociale.webnode.fr/normes-dedition/

Directeur de publication

Benoît TINE, Université Assane Seck de Ziguinchor

Comité scientifique

  • Abdoul Aziz KEBE, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • Abdou Aziz NIANG, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Aly TANDIAN, Université Gaston Berger de Saint Louis
  • Amadou Hamath DIA, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Angélique Ngaha BAH, Université Alioune Diop de Bambey
  • Awa Ba, Université Alioune Diop de Bambey
  • Babacar NDIAYE, Université Amadou Mahtar Mbow de Diamniadio
  • Demba KANE, Université Gaston Berger de Saint Louis
  • Doumagay Donatienne MOSKOLAI, Université de Yaoundé II
  • Eugène TAVAREZ, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Fatoumata HANE, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Geneviève BREMOND, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Jean-Alain GOUDIABY, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Jean-Louis CORRÉA, Université Virtuelle du Sénégal
  • Jean-Loup AMSELLE, École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris
  • Mamadou BADJI, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Mballo THIAM, Université Alioune DIOP de Bambey
  • Mélanie JACQUEMIN, Aix-Marseille Université-IRD
  • Melyan MENDY, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Mouhamadou Moustapha Aïdara, Université Gaston Berger de Saint Louis
  • Moustapha TAMBA, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • Ndéné Ka, Université Alioune Diop de Bambey
  • Omar SENE, Université Alioune Diop de Bambey
  • Oumar SY, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Patrice Samuel BADJI, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • Paul DIEDHIOU, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Sébastien FLEURET, Université d'Angers (France)
  • Seydou SANE, Université Gaston Berger de Saint Louis


[1] Les noms des auteurs sont classés par ordre alphabétique. Ce procédé souligne une égale contribution des partenaires.

[2] Ce projet bénéficie d'une subvention dans le cadre du programme de co-financement de projets de recherche initié entre la Science Granting Council Initiative (SGC1), le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI), et le Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI).


CALL FOR PAPERS

ISSN: 2730-4485
Call for Papers for a Special Issue to be published in December 2025
Coordination: Madické Mbodj Ndiaye, Angélique Ngaha Bah, Mariane Seck, Geneviève Brémond, Benoît Tine
Main Theme: Sustainable Governance of Agricultural Land in Sub-Saharan Africa

1. Journal Overview
The International Journal of Economic and Social Sciences (RISES) is a scientific journal published by the Laboratory for Research in Economic and Social Sciences (LARSES) at Assane Seck University of Ziguinchor (UASZ) in Senegal. Founded in 2020, it serves as a forum for dialogue between various disciplines and paradigms and publishes original articles. It is published annually in both print and electronic formats. It has an international scientific committee. Submitted texts undergo peer review. The RISES is launching a call for contributions for a special issue on the theme: sustainable governance of agricultural land in sub-Saharan Africa. The multidisciplinary articles submitted should address issues within the fields of Humanities and Social Sciences, Law and Political Science, Economics and Management, etc.

2. Rationale
Governance that supports the sustainable development of agricultural land in sub-Saharan Africa, particularly in Senegal, is closely linked to agricultural development, land tenure security, and food sovereignty. Access to land is a prerequisite for agricultural development. Different ways of utilizing land as a factor of production (renting, sharecropping, or borrowing with or without titles) coexist in a development context where family farming exists alongside agribusiness. These land development methods rely on strategies and mechanisms that require the involvement of multiple stakeholders, whose roles, contributions, and stakes are sufficiently different to generate divergences of interest and objectives.
In 2020, cultivated agricultural land—that is, land cultivated annually and permanently—represented 240 million hectares in sub-Saharan Africa out of a total area of ​​2,456 million hectares. Substituting inland waters, populated areas, uncultivated land, forests, protected areas, already exploited areas, grasslands, and pastures, unexploited land amounted to 105 million hectares (Jacquemot, 2020). Increased agricultural investment, soil degradation due to the intensive use of chemical inputs, and climate and rainfall disruptions are further reducing the availability of this land and partly explain the rise in tensions and conflicts related to access to and use of agricultural land in recent decades.
Land governance is a prerequisite for reconciling the priorities and interests of the various stakeholders involved in access to and use of agricultural land. It encompasses all formal mechanisms and customary arrangements, as well as concrete land practices aimed at transparency in decision-making, accessibility of information, legality control, and the capacity to regulate competition, among other things. When this governance is designed and structured to serve sustainable development, it encourages finding arrangements that take into account local socio-economic and cultural realities, as well as the needs of future generations. It encourages viewing land as a community asset that should be preserved from a social, cultural, and environmental perspective (Olstrom, 1990).
In Senegal, the sustainable governance of agricultural land specifically concerns land belonging to the national domain. The management of this land is governed by Law 46-46 of June 17, 1964, which grants Senegal the distinction of having the oldest land legislation in sub-Saharan Africa. This law excludes any notion of ownership while ensuring state control over more than 95% of this land (Dieye, 2015). As such, the state has the exclusive right to request registration, a prerogative reinforced by Law No. 76-66 of July 2, 1976, concerning the State Domain Code, and Law No. 76-67 relating to expropriation for public purposes and other public utility operations. While this framework has historical justifications, today its implementation faces several difficulties.First, the administrative management of lands within the National Domain relies on decisions often influenced by political maneuvering and stakes, thus limiting equitable access. The absence of formal titles or recognized rights to guarantee land tenure for the many farmers hinders land security and discourages investment. Furthermore, unequal access for women and young people, due to socio-cultural constraints and limited recognition of their rights, impedes the optimal use of land. Moreover, weak land tenure security mechanisms, combined with land use by private investors, generate legal insecurity and recurring land disputes. Finally, the lack of a comprehensive national land registry and the complexity of administrative procedures slow the formalization and regularization of customary rights, making access to land ownership uncertain and fostering conflicts over land use.
Studies and reports from organizations concerned with the issue of governance in the service of sustainable agricultural land development are becoming increasingly numerous, particularly regarding measures taken by public authorities to reduce poverty, strengthen land tenure security, food sovereignty, and job creation. However, scholarly works taking into account the situation of agricultural land in sub-Saharan Africa remain scarce.
Through this special issue, we are launching a call for contributions from researchers in various fields of social sciences to enrich the debate and thus provide a cross-disciplinary perspective. We propose three main areas of reflection to structure this issue and draw lessons from the contributions that can inform recommendations for public policies on sustainable land governance of agricultural land in sub-Saharan Africa, without being exhaustive:
- Land tenure security: a pillar of governance in the service of sustainable development
Land, a source of covetousness, benefits from a specific legal framework. The formalization of rights involves giving written and legal form to land rights that are currently unregistered and often referred to as "informal" or, more accurately, "extra-legal." Promoted in international forums, this land access option is now presented as self-evident, an essential step, sometimes even a panacea for increasing investment, fostering economic development, securing the well-being of impoverished populations, ensuring their integration, preventing conflicts, and guaranteeing social peace. However, if care is not taken, a formalization process driven by interest groups or one that is overly simplistic can entrench, even generate and exacerbate, inequalities. Yet, reducing inequalities must be central to any sustainable development policy. Land is now at the heart of the development agenda. Large-scale land acquisitions by foreign investors, strong population growth including in rural areas, the continent's rapid urbanization, and the associated challenges of rural development, urban planning, and employment, particularly in the agricultural sector, are accelerating the pace of land history. Senegal is undertaking land reforms to formalize and secure land access rights as well as producers' rights of use and exploitation, by adapting its policies. Land governance therefore depends on land tenure security: how does it influence agricultural practices, given farmers' willingness to invest in improving production and land management? How does it shape social relations and contribute to societal stability, or rather, how does its absence contribute to instability and social conflict?
- Land Access, Agricultural Performance, and Structural Transformation
Many African states have embarked on land reforms aimed at securing land tenure and stabilizing land rights. However, despite these measures, conflicts persist regarding access to and use of agricultural land, especially in the current context of climate change. Existing literature emphasizes the relationship between land tenure security, agricultural investment, and climate change adaptation practices. According to Bambio and Agha (2018), land rights are key factors in poverty reduction through agricultural productivity, natural resource management, and the reduction of socioeconomic inequalities. Besley's (1995) study found mixed results regarding land tenure security, investment, and agricultural productivity in Ghana and Angola.

This result was contradicted by Abdulai et al. (2011), who concluded that land tenure security has a positive effect on agricultural productivity. Other studies, such as those by Suchá et al. (2020) in South Africa, have corroborated the findings of Abdulai et al. (2011). Land tenure security has a positive effect on soil conservation practices in Rwanda (Abdulai et al., 2014), Ghana (Abdulai et al., 2011), and Ethiopia (Deininger et al., 2011). While this literature provides essential insights for agricultural development in Africa, it also highlights certain social realities that complicate established relationships. For example, in Senegal, most agricultural land falls under the national domain, where market transactions are prohibited. In practice, various modes of land access and use are possible, ranging from direct farming (with or without titles) to indirect farming (land rental, sharecropping, or loans). There is therefore a gap between principled positions and the reality on the ground, which very few socio-economic studies analyze. What are the impacts of this situation on the level and quality of investments? On agricultural practices, their productivity, and ultimately their performance?
- Models of responsible governance of agricultural land: dynamics and implications
Family farming and agribusiness are two agricultural models that are regularly contrasted in terms of their respective capacities to ensure food security for African populations (Braudeau, 2014). The issues and interests pursued by these two models seem difficult to reconcile and complicate the implementation of sustainable land governance for agricultural land. At least two arguments support this thesis: the establishment of agribusiness tends to create unfair competition for land access from the National Domain to family farming. Furthermore, its presence generates negative externalities linked to the intensive use of pesticides and the overexploitation of groundwater, which complicate the management and sustainability of family farming. In the absence of dialogue, tensions and conflicts frequently arise in these areas, with significant social and economic consequences (Collin J.P., 2017). Yet, maintaining and even developing these two agricultural systems is essential to preserving socio-economic balance in Africa and ensuring global food security (FAO, 2016; 2021). Some farmers' organizations, as well as socially responsible agribusinesses, are aware of this and are working to enable the coexistence of these two farming models through the development of inclusive governance mechanisms (Ndiaye, 2022; Lavigne, 2020). Under what conditions do responsible agricultural land governance models emerge? What arrangements are based on them? What concrete mechanisms and practices result? What effects do they generate?

3. Bibliography
Abdulai, A., Owusu, V., And Goetz, R., 2011, "Land tenure differences and investment in land improvement measures: Theoretical and empirical analyses. Journal of Development Economics", 96 (1), 66-78.
Ali, A. D., Dercon, S., And Gautam, M., 2011, "Property rights in a very poor country: tenure insecurity and investment in Ethiopia". Agricultural Economics, 42 (1), 75 86.
ALI D., DEININGER, K., HILHORST, T., KAKUNGU, F., & Yi, Y., 2020, "Making secure land tenure count for global development goals and national policy: Evidence from Zambia", in Policy Research Working Paper 8912. The World Bank.
BESLEY, T., 1995, "Property rights and investment incentives: Theory and evidence from Ghana", in Journal of Political Economy, 103(5), 903–937.
BRONDEAU, F., 2014, "How to secure access to land to ensure food security for African populations: points for reflection" in VertigO, 14(1).
CARRIERE, S., 2003, "The orphans of the forest: peasant practices and forest ecology", Paris, IRD Edition, 2003.
COLIN, J.-P., 2021, "The commodification of access to land in West African rural contexts", Le Mouvement Social, vol. 2021/4, no. 277, pp. 117–132.
CRAFS, 2022, "For peaceful and beneficial land governance for all, CRAFS supports reforming the law on the national domain while maintaining its spirit. Press release of January 20, 2022," research report, Dakar, CNCR, 3 pp.
NDIAYE, S., 2022, "Traces and imprints of land projects in the municipality of Gandon (Senegal). Narratives and materialities of past development," Anthropology & Development, no. 53, pp. 39–52.
NDIAYE, I.C., 2024, "Land tenure security in Senegal: A challenge of legal pluralism and methodological deconstruction," Harmattan.
LAVIGNE DEVILLE, P., 2009, "What land policies for Africa?" Reconciling Practices, Legitimacy, and Legality," Paris, Karthala
LAVIGNE DEVILLE P. et al. (2020), "Collectively Influencing the Direction of Land Reform: Lessons from the Mobilization of Civil Society Organizations in Senegal: Research Report," London: IIED, 2020, 49 p. (Rights, Investments, and Land Rights). ISBN 9781784318772
SENE B., 2023, "Collection of Land and State Property Texts," 1st Edition, CREDILA.
STANDARDS:
Law No. 64-46 of June 17, 1964, concerning the national domain (Official Journal of July 1964, p. 505 et seq.)
Law No. 76-66 of July 2, 1976, establishing the State Domain Code (Official Journal of July 28, 1976, pp. 1110-1117), as amended by Law No. 85-15 of February 25, 1985 (Official Journal of March 9, 1985, p. 139)
Law No. 2011-07 of March 30, 2011, concerning the land ownership system (Official Journal of August 13, 2011, pp. 1047-1059);
Law No. 87-11 of February 24, 1987, authorizing the sale of state-owned land intended for housing located in urban areas (Official Journal No. 5163 of March 9, 1987, pp. 324-325);
Law No. 76-67 of July 2, 1976, concerning expropriation for public purposes and public utility operations (Official Journal No. 4506 of July 28, 1976), as amended by Law No. 85-02 of January 3, 1985, replacing the first paragraph of Article 31 of Law No. 76-67 of July 2, 1976, and Law No. 2005-20 of August 5, 2005, repealing and replacing Article 4 of Law No. 76-67 of July 2, 1976 (Official Journal No. 5053 of December 25, 1985, and Official Journal No. 6242 of September 17, 2005);
Law No. 2011-06 of March 30, 2011, transforming occupancy permits and similar documents into land titles.
Decree No. 83-423 of April 21, 1983, concerning real estate transaction and management activities, in its explanatory report.

4. Submission Guidelines and Timeline
All interested researchers are invited to submit a full article in French or English, not exceeding 7,500 words, a title in French and English, an abstract of 250 words in French and English, 5 keywords in French and English, a presentation of the author (name, affiliated institution, email address), and a bibliography. It must be written in Times New Roman, 12-point font, and 1.5 line spacing.
Advanced article proposals may be submitted to the journal's editorial board no later than May 4, 2025. These proposals will be discussed during a bimodal writing workshop at Alioune Diop University as part of the 2nd LIRSS Research Day, with the aim of facilitating their acceptance following peer review. The structure of the advanced article proposal will be the same as that of the full article proposal.

Proposals for full articles for review and possible publication are due no later than July 15, 2025. The issue is scheduled for publication in December 2025.

Submission email addresses: rises@univ-zig.sn AND b.tine@univ-zig.sn AND angeliquengaha.bah@uabd.edu.sn

If the article is accepted after double-blind review, the contributor may be asked to pay a fee of 50,000 CFA francs for insertion and publication costs.

5. Instructions for authors (NORCAMES)

To be eligible for publication, manuscripts must comply with the typographical, scientific, and referencing standards (NORCAMES/LSH) adopted by the CTS/LSH on July 17, 2016, in Bamako, during the 38th session of the CCI (see point 3 by clicking here: https://revue-internationale-des-sciences-economiques-et-sociale.webnode.fr/normes-dedition/

Director

Benoît TINE, Université Assane Seck de Ziguinchor

Scientific committee

  • Abdoul Aziz KEBE, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • Abdou Aziz NIANG, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Aly TANDIAN, Université Gaston Berger de Saint Louis
  • Amadou Hamath DIA, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Angélique Ngaha BAH, Université Alioune Diop de Bambey
  • Awa Ba, Université Alioune Diop de Bambey
  • Babacar NDIAYE, Université Amadou Mahtar Mbow de Diamniadio
  • Demba KANE, Université Gaston Berger de Saint Louis
  • Doumagay Donatienne MOSKOLAI, Université de Yaoundé II
  • Eugène TAVAREZ, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Fatoumata HANE, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Geneviève BREMOND, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Jean-Alain GOUDIABY, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Jean-Louis CORRÉA, Université Virtuelle du Sénégal
  • Jean-Loup AMSELLE, École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris
  • Mamadou BADJI, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Mballo THIAM, Université Alioune DIOP de Bambey
  • Mélanie JACQUEMIN, Aix-Marseille Université-IRD
  • Melyan MENDY, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Mouhamadou Moustapha Aïdara, Université Gaston Berger de Saint Louis
  • Moustapha TAMBA, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • Ndéné Ka, Université Alioune Diop de Bambey
  • Omar SENE, Université Alioune Diop de Bambey
  • Oumar SY, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Patrice Samuel BADJI, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • Paul DIEDHIOU, Université Assane Seck de Ziguinchor
  • Sébastien FLEURET, Université d'Angers (France)
  • Seydou SANE, Université Gaston Berger de Saint Louis


La Revue internationale des sciences économiques et sociales est une revue scientifique du laboratoire de recherche en sciences économiques et sociales (LARSES) de l'Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) Sénégal. Elle est un espace de dialogue entre plusieurs disciplines et paradigmes et publie des articles originaux. Elle est une revue qui...

Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer